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Sophie, 30 ans


Maman d'Ugo et Simon

Un peu de moi, beaucoup de nous.

Quelques lignes, en toute simplicité et sans prétention.

La grossesse | la maternité | les futilités | les sentiments | la vie.




vendredi 18 avril 2014

Je suis toujours la même.


En décidant avec l’Homme de concevoir un mini-nous, nous nous attendions à beaucoup de choses : démarrer une nouvelle vie, changer nos habitudes, dormir moins, fatiguer plus, et bien d’autres joyeusetés.

S’il y a une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’est que cela change à ce point notre relation avec les autres. 

Qu’ils soient heureux, surpris, intrigués ou qu’ils s’en foutent royalement, ça, je m’y attendais. Mais qu’ils changent de comportement comme si nous étions devenus des personnes totalement différentes, alors là, non.

Il y a ceux qui se retrouvent en toi, car ils sont déjà parents, qui limite t’ignoraient avant, mais qui se lâchent complètement dès que tu leur annonce la bonne nouvelle. Ils ouvrent les vannes et te tiennent la grappe avec leurs conseils, leurs anecdotes, leurs mômes qui pleurent la nuit ou leur baby blues. Attention. Ce n’est pas tant ce genre de conversation qui me dérange, j’aime parler de grossesse ou de mouflets avec les autres parents, évidemment. Ce qui m’agace, c’est quand ces personnes ne te parlent QUE DE CA, sous prétexte qu’ils sont parents et que tu feras bientôt partie de leur secte. les autres sujets de conversation de la vie courante sont bannis, à tout jamais

Il y a ceux qui ne t’invitent plus aux soirées. « BAH ALORS TU VIENS PLUS AUX SOIRÉES ?!! ». On t’invite plus car t’as basculé du côté obscur de la force, tu vas devenir un ringard, un hasbeen, quelqu’un de profondément ennuyeux et inintéressant : un parent. Ils veulent t’y habituer de suite, t’façon quand ton mouflet sera là, t’auras plus une minute à toi, tu passeras tes samedi soir à changer les couches donc tu répondras toujours NON aux invits, c'est bien connu. Autant te bannir tout de suite de la liste VIP. Et puis qui a envie d’entendre, entre 2 vodkas, de jeunes parents parler de leur progéniture ? Et bien…Pas les jeunes parents…justement.  

Il y a ceux qui ne comprennent pas ton choix : « bordel, faire un enfant avant 30 ans ? Mais t’es ouf, tu rates tant de choses ! » Ils ont tout simplement oublié que tu avais déjà vécu pas mal d’expériences en fait, plusieurs vies même : la vie d’étudiante, la vie de fêtarde, la vie de dragueuse, la vie en vadrouille, la vie active, la vie à deux, LA VIE QUOI ! En une fraction de seconde, ils ont oublié tout ça. Ta vie se résume désormais à « parent » et elle s’arrête là. Après tout, impossible de voyager, de découvrir le monde, de faire la fête, de faire de nouvelles rencontres quand on est parent, pas vrai ? 



Il y a ceux qui n’ont pas encore d’enfants et qui se sentent obligés de se justifier vis-à-vis de toi : « Tu sais, nous on attend encore un peu, je suis encore jeune/ je n’ai pas de boulot / j’attends de finir mes études / j’attends mes 30 ans / j’attends la pleine lune / j’veux voyager d’abord / j’attends que mon mec se décide / j’attends que ma meuf se décide, etc. ». Comme si, par ta décision d’avoir un bébé, tu leur rappelais que l’horloge biologique tourne, qu’ils sont en âge de procréer et qu’ils devraient s’activer avant d’être ramollis de la prostate. Chacun ses choix, on s’en fout.


Il y a celles (oui, parce que là, ce sont souvent des filles) qui n’ont pas encore d’enfants et qui n’osent plus te parler de futilités depuis que t'as eu la bonne idée d'être enceinte. Après tout, tu vas devenir maman, raconter des potins ou autres trucs de meuf ne te concerne plus. C’est à peine si on ose te parler de fringues, de mode, de coiffure ou de déco. Du coup, on essaye, maladroitement, car la grossesse et les mioches on n’y connait que dalle, de te parler de ton ventre qui s’arrondit et de ta future vie ennuyeuse de maman-débordée-qui-ne-pourra-plus-venir-boire-une-bière-en-terrasse-avec-nous : « D'ailleurs il faut que tu viennes au spa avec nous bientôt, car après t'auras plus le temps… ».




Illustrations : Drôles de Mums - Kopines.com

mardi 1 avril 2014

Lâcher prise ...


« Lâcher prise », voilà une expression qui m’était encore totalement inconnue…Et jusque-là, cela me convenait plutôt bien.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été très indépendante. J’aime gérer ma vie seule, comme une grande, et ne rien devoir à personne. Pas par égoïsme, loin de là _ au contraire, j’aime rendre service à ceux que j’aime ! _, mais plutôt pour le plaisir que me procure un travail accompli par mes soins. Je me sens valorisée et fière d’avoir réalisé quelque chose par moi-même.

C’était sans compter sur la grossesse…

Jusque-là, attendre un heureux événement n’avait pas perturbé mes habitudes. Je gérais encore l’administratif, les courses (bon, l’Homme portait les sacs évidemment, je ne suis pas dingue), le ménage, les lessives, le repassage et moult tâches ménagères ! Et puis les 5 premiers mois, mon bidon s’était fait assez discret, pas de quoi m’handicaper sérieusement.

En plus de ça, il ne fallait pas que je me laisse aller : je devais prendre soin de mon corps _ l’hydrater, le masser, l’épiler, le manucurer, le câliner, le chouchouter_ et le remuer un peu _ petits exercices, marche _

Le soir, allongée sur le canapé ou dans mon lit, c’était l’instant « bébé », durant lequel je me connectais avec lui. Je prenais -enfin- le temps de le sentir bouger et de lui parler. Sans conteste mon moment préféré de la journée

Enfin voilà, vous l’aurez compris : aveuglée par le fait d’être une « femme active et moderne », je voulais encore gérer de front la grossesse, le boulot, la maison et mes diverses activités.

Mon adage c’était un peu « j’suis enceinte, pas handicapée ! »

Disait-elle…

A tout juste 7 mois de grossesse, je me rends compte que j’ai négligé un point important : LE REPOS.

Avant-hier soir, mon corps m’a rappelé à l’ordre. Méchamment :

 
Après avoir enchaîné une matinée "aménagement chambre de bébé", une après-midi debout à regarder l'homme se pavaner sur un terrain de foot et une soirée chez mon père, j’étais encore tranquillement en train de mettre du linge en machine à minuit (normal).

Une fois couchée, j’ai ressenti une douleur dans le bas-ventre, puis mon ventre s’est entièrement durci, comme jamais il ne l’avait fait auparavant. 
Pour me punir, mon corps m’a infligé ma première contraction.


Autant vous dire que la journée d’hier fut plus que morose…J’ai énormément culpabilisé et les larmes pointaient sans cesse le bout de leur nez. Il s’agit tout de même du bien-être de mon bébé. Comment ai-je pu négliger à ce point ce que je ressentais pourtant au fond de moi ? Je le savais qu’en théorie il fallait que je lâche du lest, alors pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Ai-je vraiment pu croire, idiote que je suis, que je pourrais faire comme si de rien n’était jusqu’au bout ?

Aujourd’hui, le moral est revenu, heureusement. Je me suis totalement remise en question, il m’aura fallu cela.

Désormais, je me suis promis d’être autant que possible à l’écoute de mon corps. Pour cela, il va falloir que j’apprenne à demander de l’aide. Heureusement, mes proches ne se sont pas fait prier, à vrai dire, j’ai l’impression qu’ils n’attendaient que ça…Je m’en veux de ne pas l’avoir réalisé avant.

Grâce à mes proches, j’aurai déjà plus de temps pour prendre soin de moi et du bébé en attendant d’être en congé maternité…Plus qu’un mois à patienter !


Mon cher corps arrondi, désormais je jure :

- - D’être à ton écoute.
- - De ne plus t’infliger plusieurs tâches laborieuses à la suite.
- - De m’assoir ou m’allonger dès que je sens une tension dans le bidon.
- - De faire une sieste de chat dès que la fatigue m’envahie.
- - D’appeler mes proches à l’aide dès que je me sens débordée.


*Liste non exhaustive*